Je suis dans la dernière partie de ma vie et je veux savoir. Ce trou noir, a toujours marqué ma vie, l'envie de retrouver mes vraies racines ne m'a jamais quittée.

Si je rends public mon histoire, c'est en espérant qu'un Internaute concerné, passera par ici et peut être pourra m'en dire plus pour faire avancer mes recherches. Donc si vous avez le même patronyme PIAT et que mon histoire vous dit quelque chose, n'hésitez pas à me contacter par l'intermédiaire de ce blog.

 

Afin de justifier comment j'ai tiré le moindre fil pour retrouver mes grands-parents paternels, je suis obligée de vous raconter l'histoire de mon père et de ma mère.

 

arbre ascendant

 

Quand nous décidons de remonter le temps et que nous voulons connaître ceux qui sont  nos racines. Il faut d’abord s’interroger sur le pourquoi et le comment.

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Pourquoi : les raisons de chacun sont différentes. Pour moi, le besoin était de savoir d’où venaient ceux qui m’ont précédés et ce qu’ils faisaient ? Quand on est un enfant né d’une relation et que nous n’avons connu que le mari de notre maman, avec lequel on n’a pas été malheureuse, on est tenté de vouloir remonter sa lignée à lui, d’autant plus que l’on porte son patronyme familial. Mais tout ce qui pourrait m’intéresser, n’auraient rien à voir avec mes racines. Et cette recherche, ne pourrait être que sentimentale, aucun signe d’hérédité apparente, d’autant plus que l’on m’a toujours répété que je ressemblais à mon géniteur. Pour moi, c’est le souci de vérité qui l’a emporté.  Mais je savais dès le début que rien ne serait facile. Il allait falloir que je démêle le vrai du faux. J’allais certainement découvrir des choses qui ne me plairaient pas ; aux antipodes de l’éducation que j’aie reçue. Donc il faudrait assumer puisque ces recherches sont un choix de ma part.

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 Comment : Quand j’ai eu envie de creuser les racines de mon père biologique, ma mère m’en a dissuadée en me répétant sans cesse : « Il n’était rien de bien » tu vas être déçue par ce que tu trouveras et puis tu serais ingrate de faire ça à celui qui t’a légitimé et donné son nom. Oui, mais la version qu’elle m’avait racontée concernant mon père biologique me semblait fausse, je sentais planer des incertitudes, des déguisements de vérité. C’est donc pour cela que j’ai engrangé dans un coin de mon cerveau, tout ce qu’elle me disait. Vrai ou faux, un jour je saurai. Justement tout ça me donnait l’envie d’en savoir plus. C’est donc seulement cette année en 2016 que je me suis sentie prête pour entreprendre ce chemin jalonné d’embûches que je vais vous raconter.

 Renée et jean baptiste2

Mes parents sont tous les deux décédés depuis longtemps, donc je ne leur ferai pas de mal. Mes instructeurs en généalogie m' ont toujours dit : Posez beaucoup de questions aux gens de votre entourage qui ont connu votre famille, votre histoire. N’oubliez jamais, que c’est votre patrimoine. Oui, mais quand on est plus jeune on n’ose pas, il faut braver notre timidté. Enregistrez tout ce que vous pouvez, un jour vous vous en servirez. Mais parfois, parmi toutes les confidences, il faut savoir tout démêler, vérifier et revérifier, car tous les détails ont leur importance. Souvent vos interprétations ne sont pas toujours bonnes. Essayez de dépasser votre pudeur, ce qui n’est pas toujours facile. Sachez également qu’il y a des détails qui vous sautent aux yeux un jour, alors que vous ne vous en étiez même pas aperçu avant. Aucun d’entre eux,  ne doit être indifférents. Hier insignifiants, aujourd’hui indispensables pour tirer un fil auquel on n’a pas encore pensé. Ne soyez pas étonné que j’insiste autant sur les détails, mais ils sont très importants. Vous le verrez par la suite.

 

0 Paris 13

 Alors dans mon cas, pour débuter ces recherches, je ne pouvais pas m’appuyer sur des dates précises, comme celle du mariage de mes parents, puisqu’il n’y en avait pas eu. Je ne connaissais pas la date de naissance de mon père et encore moins le lieu où il était né. Je savais seulement qu’il s’appelait Jean PIAT. Dernièrement j'ai appris en consultant un site généalogique qu’entre 1891 et 1915, il y avait eu en France 816 naissances de ce patronyme. Entre 1916 et 1940 : 1055. Entre 1941 et 1965 : 1489. Entre 1966 et 1990 : 1316. Alors voyez-vous, c'était à moi de chercher parmi tous les départements français et situer mon patronyme. Mais ces informations ne datent que depuis qu’Internet existe. A l'époque où j'ai commencé à m'intéresser aux PIAT, je n'avais que le minitel et l'annuaire. Comme j’ai débuté entre 1965 et 1970, seules les revues spécialisées pouvaient m’aider. C’’est  pour cela que la mémoire des uns et des autres allaient m’être très utile.

 revue

D’après ce que m’en avait dit ma mère, cette famille se trouvait dans la région parisienne. Je suis née dans le treizième arrondissement de Paris, elle parlait également des communes de Montreuil, du Kremlin Bicêtre, de Paris et  de la place d’Italie ainsi que diverses rues de cet arrondissement ; j’avais tout noté. Pour les détails, elle m’avait confié qu’elle avait rencontré Jean, quand elle avait 18 ans en 1940 dans sa petite ville picarde : Saint Just en Chaussée. C’était la guerre, il était aviateur et il était cantonné avec sa compagnie dans un village proche. Elle en est tombée amoureuse, comme beaucoup de jeunes filles de cet âge là, en plus un aviateur  à l’époque cela faisait rêver. Pour moi, c’était des détails importants qui pourraient me servir pour en savoir plus.

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En 1942, il avait été démobilisé et il avait regagné Paris où il était marié et il avait un fils « Claude » il avait promis à maman de divorcer dès qu’il le pourrait, car il parait que l’on ne pouvait pas le faire en temps de guerre !!!! Il a divorcé, mais la vie a faite que leurs chemins se sont séparés.

 Ma mère n’avait plus qu’une envie le rejoindre. Mais quitter sa famille sans être mariée, cela ne se faisait pas chez nous. Mes grands-parents avaient de grands principes comme beaucoup de gens de cette époque. Mon grand-père était un notable dans sa petite ville de province, artisan de surcroît pour lequel le qu’en dira-t-on était très important. Il allait falloir de bons arguments pour que ma mère parte à Paris. Mais une femme  amoureuse en a toujours.

 Renée 20 ans

Ma mère, a rapidement mis sa marraine dans la confidence de ses amours, celle-ci habitait Paris, elle pourrait habiter chez elle et lui trouver certainement du travail, elle était prête à tout faire. N’ayant jamais aimé l’école, ses études s’étaient arrêtées au certificat d’études. Il ne lui restait plus que l’insouciance de ses 20 ans, et quand on est amoureuse, libérée de la tutelle familiale  l’avenir semble rose. Elle avait bien appris la couture avec sa maman, elle saurait donc toujours se débrouiller.

  Effectivement Marraine Margot lui a découvert très vite une place de vendeuse en boulangerie. A Saint Just en Chaussée en 1942, comme dans toute la France, tout le monde vivait avec des tickets de rationnement. Alors certainement en travaillant dans une boulangerie, elle pourrait procurer quelques tickets de pain à ses parents ; et comme étant chez sa marraine, ils pouvaient être tranquille... Chose extraordinaire, mes grands-parents n’ont pas été trop difficiles à convaincre, ses arguments tenaient, même si elle n’était pas encore majeure. Elle n’a certainement pas beaucoup habité chez  sa marraine ; mais ça c’est une autre histoire.

 Marguerite Pascaut-Sorton

Très vite elle a partagé l’appartement de Jean. La contraception n’existait pas à cette époque et bien vite, je me suis annoncée. D’apprentie boulangère, elle est devenue Aide Infirmière, comme il est dit sur mon acte de naissance. Alors là, il y allait avoir un sérieux problème.  Jean n’était pas divorcé et avoir un enfant ce n’était pas l’idéal. Les parents de maman n’étaient pas très libéraux, ils n’allaient pas du tout apprécier. Dans un premier temps, la seule solution était d’avorter. Mais à cette époque, il fallait trouver une faiseuse d’anges, et en parlant autour d’elle dans son travail, elle a trouvé facilement la personne adéquate. C’est donc cette solution qu’ils ont pris ;  sauf que quand elle est arrivée devant la porte, elle n’a pas pu rentrer tellement elle avait peur. Il allait donc falloir trouver une autre solution. Un bébé cela peut être encombrant quand on ne le désire pas. Le couple a donc décidé de le garder puisqu’ils ne pouvaient pas faire autrement mais à la naissance, ils le confieraient à une nourrice. Qui a choisi Monsieur et Madame Parent dans un joli pavillon de banlieue à Herblay ; je n’ai jamais su. Mais j’y suis allée en sortant de chez la sage femme, j’avais une dizaine de jours. J’y suis restée 23 mois.

Edith chez M et Mme Parent

Maman ayant mis sa mère dans la confidence,  elle venait me voir régulièrement, mon père, je n’ai jamais su s’il venait, en revanche ma grand-mère parfois l’accompagnait et grand-père n’en savait rien.

 Je me souviens que maman m’avait dit un jour : Quand tu es née, je voulais t’appeler Nadine. Mais quand ton père est allé te déclarer à la mairie du XIIIème, ce prénom n’a pas été accepté, parce qu’il était apparenté à Nadia, prénom Russe ; à cette époque les Russes n’étaient pas les bienvenus. Donc, ton père a demandé un calendrier et a parcouru le mois de septembre en s’arrêtant au 16 : La sainte Edith, alors là, il n’y a pas eu d’hésitation il adorait Edith Piaf, la célèbre chanteuse populaire des années 1940. Et lui s’appelait Piat, à peu de chose prêt ce serait presque pareil. Mais pour la petite histoire, j’ai toujours chanté faux et je suis loin d’avoir l’oreille musicale. Belle histoire n’est-ce pas ? J’avoue l’avoir toujours aimée, jusqu’à ce que je découvre mon réel acte de naissance, le premier. Car il faut savoir, quand un enfant naissait à cette époque il portait le nom de la première personne qui le déclarait ; quand un couple se mariait, l’enfant seulement était reconnu et légitimé. Si la maman ne se mariait pas avec le géniteur même s’il l’avait reconnu plusieurs années après comme moi, il était considéré comme l’enfant du nouveau couple et quand, à la mairie par la suite l’enfant demandait un acte de naissance pour se marier, c’était cet acte là, qui était donné, le premier n’apparaissait jamais et la personne ne savait rien d’autre, même s’il y avait eu une reconnaissance comme dans mon cas.

 

 

.............................................. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.